Bibliographie > contexte artistique > I à N

Les analyses présentées ci-dessous concernent les livres acquis par le Centre Jeanne d'Arc depuis 1990.

KOENIG (E.), Les Heures de Marguerite d'Orléans, reproduction intégrale du calendrier et des images du manuscrit latin 1156B de la Bibliothèque Nationale (Paris), Paris, Cerf, 1991, traduction de l'allemand par F. Böspflug.

Voici une remarquable reproduction d'un manuscrit richement enluminé ayant appartenu à la soeur de Charles d'Orléans. Les pages fourmillent de petits personnages aux chaudes couleurs adonnés aux activités les plus variées de la vie quotidienne, ou les plus surréalistes, tels ces glaneurs du folio 135 qui font le ramassage des lettres qui semblent échappées de la page voisine. A noter le folio 171 qui illustrerait, d'après l'auteur, la déroute des Anglais devant Orléans. Les images sont magnifiques, le commentaire est extraordinairement documenté.

Merveilles du Monde ou Les Secrets de l'histoire naturelle (Les), présentés par BEAUGENDRE (A.-C.), Paris, Bibliothèque nationale-Anthèses, 1996, in-quarto, 88 p.

Le département des manuscrits offre ici une série complète des miniatures particulièrement soignées d'un ouvrage que nous ne connaissions que par l'utilisation documentaire faite des peintures par des éditeurs -parfois mal avisés. Le texte qui est donné avec les images, simplifié de façon intelligemment accessible, daterait du XIVe siècle et est celui d'un manuscrit de mars 1427 (=1428?) ; les images appartiennent pour leur part à une version somptueuse des années 1480, oeuvre du "maître de Charles d'Angoulême" identifié désormais comme Robinet Testard.
Il s'agit d'une compilation de données géographiques sur diverses parties du monde connu, généralement fabuleuses, où monstres, serpents, sacrifices humains et cannibalisme abondent dans les lieux lointains, y compris en Bohème. L'exotisme est aussi en Occident : on y trouve des loups-garous en Auvergne, des oiseaux à une seule patte près du Mont Saint-Michel, des gens insensibles aux venins en Italie, un noyer toujours vert en Provence. Les images sont riches en notation originales et imaginaires et on y voit en "Amazonie dite Fémenie" un groupe de guerrières à cheval et jupes longues inspirées ou inspiratrices d'images de Jeanne d'Arc. On est également bien servi en scènes champêtres, labours, semailles, bergeries, en "vues" de villes et de villages, en notations familières : bains de rivières, enfant au moulinet, pêche à la ligne, jeux de l'arc dont il est difficile de dire si elles peuvent vraiment être utilisées comme documents fiables.
En tous cas l'ensemble porte certainement à la contemplation, à l'analyse, à la rêverie. Pour nous, il paraît finalement regrettable que n'aient pas été données les images du texte de référence, réalisées en dessins aquarellés à Bourges en 1427, époque bien proche du séjour de Jeanne d'Arc dans la capitale de Charles VII. On aurait aimé voir comment alors on se représentait les amazones.