ACTIVITES MILITAIRES DE JEANNE ET SA MISSION

12 ou 13 février 1429


Départ de Vaucouleurs

Le voyage se fait le plus souvent de nuit, à travers un pays en partie contrôlé par les Bourguignons.
Avant de parvenir à Chinon où résidait le roi, Jeanne, arrivée à Sainte-Catherine-de-Fierbois, lui adressa une lettre annonçant sa venue.
Après avoir débattu de la question en son conseil, Charles VII reçut Jeanne dans la grande salle du château de Chinon. Bien qu’impressionné par ce que lui déclara Jeanne, le roi décida de la faire examiner par des ecclésiastiques à Poitiers.
"Finalement, il fut conclu par les clercs, après les interrogatoires et les examens par eux faits, qu’il n’y avait en elle rien de mal ni rien de contraire à la foi catholique et qu’étant donné la nécessité dans laquelle étaient le roi et le royaume, puisque le roi et les habitants qui lui étaient fidèles étaient alors au désespoir et ne pouvaient espérer d’aide d’aucune sorte si elle ne leur venait de Dieu, que le roi pouvait bien s’aider d’elle". (Procès de Réhabilitation — Jean Barbin, avocat au Parlement).
Jeanne se rendit à Tours pour que lui soit exécutée une armure, tandis que le roi constituaii un convoi de vivres destiné aux Orléanais.

Orléans

29 Avril 1429

Le convoi de vivres arrivaà Orléans par la Sologne, accompagné par une partie de l'armée royale stationnée à Blois. Le soir même, Jeanne entra dans la ville en liesse.
"Vinrent la recevoir les autres gens de guerre, bourgeois et bourgeoises d'Orléans, portant grand nombre de torches et faisant telle joie comme s’ils avaient vu Dieu descendre parmi eux ; et non sans cause, car ils avaient plusieurs ennuis, travaux et peines et grand doute (grande crainte) de n’être pas secourus et de perdre tout, corps et bien. Mais ils se sentaient déjà réconfortés et comme désassiégés par la vertu divine qu’on leur décrit en cette simple pucelle qu’ils regardaient fort affectueusement, tant hommes, femmes que petits enfants. Et il y avait merveilleuse foule et presse à la toucher ou au cheval sur lequel elle était".

4 mai 1429

L'armée royale, qui était retournée à Blois après avoir escorté le convoi, est rappelée par le Bâtard d'Orléans. Le soir même de son arrivée, elle s'empare de la bastille Saint-Loup, en présence de Jeanne.

6 mai 1429

L'armée royale, suivant Jeanne et La Hire, traverse la Loire et s'empare de la bastille des Augustins, au sud des Tourelles


7 mai1429

Le fort des Tourelles défendant l’accès au pont d’Orléans est pris par l'armée royale. Jeanne est blessée au cours de l'assaut.

8 mai1429

Tandis qu’une messe est dite entre les deux armées en lignes de bataille, les Anglais quittent la ville sans livrer combat. Le siège d’Orléans est levé.



Route du sacre

Jeanne retrouve le roi à Loches et entraîne son conseil pour le décider à prendre la route de Reims.

"Noble dauphin, ne tenez plus tant et si longtemps conseil ; mais venez le plus tôt possible à Reims pour recevoir une digne couronne". Dans ce but est entreprise la campagne de Loire. Successivement Jargeau le 12 juin, Meung le 15 juin, et Beaugency le 17 juin tombent aux mains des Français.

18 Juin 1429

Bataille de Patay, grande victoire française. L’armée anglaise est en déroute, de grands chefs militaires anglais sont en fuite ou prisonniers. Cette victoire est une revanche d’Azincourt (1415)

"Et finalement, les Anglais y furent déconfits à peu de perte des Français". (Jean de Wavrin, chroniqueur bourguignon qui prit part à la bataille du côté anglais).

29 Juin 1429

Départ de Gien d’où le roi adresse à toutes les bonnes villes de son royaume, ainsi qu’aux principaux vassaux tant ecclésiastiques que laïcs, une lettre pour les convier à assister à son couronnement à Reims.

En moins d’un mois, Charles VII surmonte les difficultés de cette traversée en pays anglo-bourguignon. Si les villes comme Auxerre et Troyes s’opposent à l’entrée du roi, Châlons et Reims se soumettent d’elles-mêmes à Charles VII.

16 Juillet 1429

Le roi entre dans Reims sous les acclamations de la foule. Le lendemain, l’archevêque Regnault de Chartres le sacre roi de France.

Dès ce moment, Jeanne aurait aimé profiter du bénéfice moral de cet événement pour gagner à sa cause d’autres villes et reprendre les armes contre les Anglais, mais le roi préfère renouer les contacts diplomatiques avec le duc de Bourgogne. Des trêves sont signées qui empêchent tout combat sauf à Paris. Néanmoins, bien des villes occupées par les Anglais ou les Bourguignons font leur soumission sans combat.

7-8 septembre 1429

Après quelques opérations militaires devant Senlis et Saint-Denis, Jeanne lance un assaut sur Paris, malgré les réticences du roi, mais les Français sont contraints de battre en retraite.

21 septembre 1429

Charles VII regagne les bords de la Loire et donne l’ordre, à Selles-sur-Cher, de dissoudre l’armée du sacre.

Dernières activités militaires

D’autres combats sont menés par Jeanne, par exemple à Saint-Pierre-le-Moûtier assiégé le 2 novembre 1429 et, en novembre et décembre de la même année, à la Charité-sur-Loire, où Jeanne tente, sans succès, de prendre la ville.

"Le Sire de la Trémoille envoya Jeanne au plus fort de l’hiver avec son frère, le Sire d’Albret, et le maréchal de Boussac avec bien peu de gens devant la ville de la Charité et là ils furent environ un mois et se levèrent honteusement sans que secours vint à ceux de dedans et ils y perdirent bombardes et artilleries". (Le héraut Berry, chroniqueur français contemporain ; en réalité, l'artillerie, qui avait été prêtée par la ville d'Orléans, y revint à la fin du mois de décembre).

Bien que Jeanne soit réduite à l’inaction, le roi la récompensa de ses exploits en anoblissant sa famille, et en exonérant de tout impôt les habitants de son village. Les négociations se poursuivirent entre le roi Charles VII et le duc de Bourgogne. Ce dernier marcha sur les villes de l’Oise, dont Compiègne, qui refusent de rentrer sous son autorité. Jeanne décide alors de reprendre les hostilités.


"Le roi étant en la ville de Sully-sur-Loire, la Pucelle qui avait vu et entendu tout le fait et la manière que le roi et son conseil tenaient pour le recouvrement de son royaume, très mal contente pour cela, trouva manière de se séparer d’eux, et à l’insu du roi, sans prendre congé de lui, elle fit semblant d’aller en quelque état, et sans retourner, s'en alla à la ville de Lagny-sur-Marne parce que ceux de la place faisaient bonne guerre aux Anglais de Paris et d’ailleurs". (Perceval de Cagny, chroniqueur français contemporain).

16 mai 1430

Le duc de Bourgogne met le siège devant Compiègne.

22 mai1430

Jeanne pénètre dans Compiègne, de nuit, à l’insu de l’ennemi, escortée d’une troupe de mercenaires italiens et de troupes royales commandées par Xaintrailles et La Hire.

23 mai 1430

Le lendemain, au cours d’une sortie, elle est capturée par les Bourguignons.

"Les Français entrèrent en Compiègne, dolents et courroucés de leurs pertes et surtout eurent grand déplaisir de la prise de la Pucelle. Et à l’opposé, ceux du parti de Bourgogne et les Anglais en furent très joyeux, plus que d’avoir pris 500 combattant car ils craignaient et redoutaient nul capitaine ni autre chef de guerre tant qu’ils l’avaient toujours fait jusqu’à ce jour de la Pucelle". (E. de Monstrelet, chroniqueur bourguignon, qui assista à l’entrevue de Jeanne et du duc de Bourgogne devant Compiègne).

"Le 23 mai, dame Jeanne, la Pucelle aux Armagnacs, fut prise devant Compiègne, par messire Jean de Luxembourg, les gens et Anglais qui venaient de Paris. Quatre cents au moins des hommes de la Pucelle furent tués ou noyés." (Journal d’un bourgeois de Paris).