Jeanne naquit à Domremy en janvier 1412. Son père y était laboureur, c'est-à-dire un paysan aisé, qui louait une partie de l'ancien château, disparu depuis lors. On peut visiter sa maison natale. La façade actuelle fut édifiée en 1481 par un arrière-petit-neveu de Jeanne, Claude du Lys, seigneur de Domremy. A proximité de ce paisible village, on peut voir la chapelle de Bermont (XIe siècle) et la basilique du Bois Chenu (XIXe siècle). Le village de Domremy était partagé entre plusieurs autorités : la partie nord appartenait à la Champagne, relevait de la châtellenie de Vaucouleurs et était incorporée au royaume de France. La partie sud, comprenant la maison de Jeanne, appartenait au Barrois mouvant, le duc de Bar étant vassal du roi de France pour les terre situées à l'ouest de la Meuse. Ces terres étaient tenues en fief par les abbés de Mureaux et par les seigneurs de Bourlémont. La partie arrière de la Maison de Jeanne d'Arc comprend une partie de la maison d'origine. |
|
La ville, commandée par le capitaine Robert de Baudricourt,
abritait une garnison fidèle à Charles VII, mais très isolée entre les
domaines du duc de Bourgogne, vassal du roi d'Angleterre, et ceux du duc
de Lorraine, vassal de l'empereur d'Allemagne. Jeanne y vint, sans doute
en janvier 1429, pour demander une escorte pour se rendre auprès du roi.
Econduite par le capitaine, elle tenta de gagner la France par se propres
moyens, acompagnée de son oncle Durant Laxart. Sur le chemin de Chinon,
elle s'arrêta à l'ermitage de Saint-Nicolas de Septfonds et rebroussa
chemin. Emmenée jusqu'à Toul par Bertrand de Novellompont, elle y rencontra
le duc de Lorraine, auquel elle demanda en vain la compagnie de son gendre
René d'Anjou. De retour à Vaucouleurs, elle obtint de Baudricourt une
escorte pour la mener devant Charles VII. Elle prit son départ aux environs
du 12 février. Le voyage dura 11 jours, passant par Saint-Urbain, Auxerre,
Gien et Sainte Catherine-de-Fierbois. Du château de Robert de Baudricourt où le destin de Jeanne se décida, il subsiste la crypte de la chapelle Castrale où l'Héroïne se recueillit. A travers la ville, on peut encore voir des tours de l'enceinte d'origine, la Porte de France, et le Musée de l'Imagerie Johannique consacré aux représentations de Jeanne d'Arc à travers les siècles. |
Jeanne y arriva aux alentours du 22 février 1429. C'est de là qu'elle écrivit à Charles VII pour annoncer sa venue. Plus tard, étant à Tours, elle y fit chercher une épée, ex-voto qui se trouvait à l'intérieur de l'église, conservée dans un coffre, derrière l'autel. Si la chapelle fut reconstruite en 1479, restent de cette époque la maison dite "du Dauphin" et l'aumônerie construite par le maréchal Boucicault |
La première entrevue entre Jeanne et le roi eut lieu aux alentours du
25 février. Jeanne se jeta aux pieds du roi. Celui-ci, méfiant, désigna
d'abord un de ses courtisans comme étant le roi, Jeanne l'assurant alors
qu'il était le roi "et non un autre", et lui annonça qu'elle venait "envoyée
par Dieu" pour le restaurer sur son trône. Après un bref entretien, Charles
fit mener Jeanne à Poitiers, en passant probablement par Loudun et Mirebeau.
Au cours de la deuxième entrevue, qui eut lieu entre le 27 mars et le
7 avril, Jeanne fut présentée aux chevaliers qui allaient l'accompagner
à Orléans. Au cours d'une cérémonie brillante, en présence de trois cents
personnes, Jeanne présenta à Charles VII une couronne, comme symbole de
la victoire à venir. Selon ses dires, 300 personnes virent cette couronne.
|
Jeanne y fut examinée par toutes sortes de religieux et de notables pendant
trois semaines. |