Exposition du 31 mars au 27 août 2000 à la Maison de Jeanne d'Arc :

Découvrir 20 gravures du Centre Jeanne d'Arc

La popularisation des images de Jeanne d’Arc s’est faite surtout par la gravure, à partir de quelques types fixés dès le XVIe siècle : la jeune fille empanachée du tableau conservé par la municipalité d’Orléans, une guerrière à cheval, et le profil du monument élevé sur le pont des Tourelles. Jusqu’au XIXe siècle ces trois véritables icônes demeurèrent les évocations les plus familières de la Pucelle et furent répétées à l’infini avec de minimes variantes.


Cependant le renouveau apporté dès la fin du XVIIIe siècle à l’étude de Jeanne d’Arc et la mode des “séries” de gravure provoquèrent un renouvellement des interprétations physiques et historiques du personnage. Les divers épisodes de la vie de Jeanne, pastoraux, épiques ou douloureux furent désormais offerts aux “amateurs d’estampes”. Le poème de Robert Southey et la pièce de théâtre de Schiller expliquent les origines étrangères de certaines légendes.

L’invention du livre illustré dans le texte -et non plus seulement en planches- a accompagné l’extraordinaire floraison de littérature concernant la Pucelle après l’édition de ses procès par J. Quicherat. Jeanne faisant vendre, il s’en suivit une quantité d’interprétations neuves, souvent charmantes, destinées souvent à un public d’enfants ou de jeunes filles.

Nous avons souhaité présenter quelques exemples de ces oeuvres, certains sont le rappel d’images familières, d’autres seront de vraies révélations parfois émouvantes par leur caractère suranné, comme la composition franco-anglaise que nous avons retenue pour l’affiche. Nous avons fait le choix de présenter ces pièces fragiles en lumière naturelle pendant quelques semaines plutôt que de les montrer en permanence dans une semi-obscurité. Les richesses du fonds du Centre Jeanne d’Arc permettront de renouveler annuellement ces petites expositions, dévoilant ainsi au public fidèle l’imagination fertile des illustrateurs de l’histoire de Jeanne.

©Françoise Michaud-Fréjaville